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Anastasie sait ce qu'il lui reste à faire. Des vagues lourdes de souvenirs remontent à la surface. Autant de leçons interminables sur le ballet des rocs immenses, sur l'interaction gravifique qui les lie malgré la distance et maintient l'atmosphère, sur le rôle stabilisateur de l'arcologie des rails. La décision ne lui appartient plus. D'ailleurs, a-t-elle jamais eu le choix ? Elle sort un couteau de sa blouse d'apprentie, essuie la lame sur sa jambe. Elle lève l'arme sans un regret et la plonge dans la masse drapée, dix fois, vingt fois, jusqu'à ce que les soubresauts s'arrêtent. Un souffle humide, comme une vessie que l'on crève, puis l'écume de salive rougie qui déborde sur le rail, glisse sur le métal né de la chair, souille la perfection technique. Un sang épais suinte de ses plaies, se répand en longues traînées sombres jusqu'à ses pieds. Instinctivement, elle recule, refuse le contact. Sa jambe heurte un trépied, bouscule l'agencement des tubes colorés, des cordons ombilicaux. Les drogues sirupeuses coulent sur le sol, leurs goutte-à-goutte tranchés net. Anastasie réprime un haut-le-cur. Un goût de bile emplit sa bouche. Elle doit partir. |
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