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La chaleur accablante de la journée a laissé place à une douceur presque estivale quand Gérard sort du métro. Il perd quelques secondes à s'orienter, puis reconnaît les lieux. À sa gauche, une série de terrasses de bars et, plus loin, l'entrée de la faculté de lettres ; à sa droite, les grands ensembles gris pâle qui murent l'horizon de leur alignement de fenêtres identiques. Gérard change de trottoir et contourne d'un pas pressé le rond-point qui raccorde l'avenue à la bretelle d'accès de la voie rapide. À cette heure du jour, la circulation a perdu de sa vigueur : il n'a pas à attendre longtemps avant de traverser.
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Au portail, un collègue pianote nerveusement sur les sonnettes pour qu'on lui ouvre. Gérard le salue d'un signe de tête discret avant de contempler le bout de ses chaussures. Lorsqu'enfin le portail électrique s'ébranle, c'est pour laisser sortir le camion blindé de l'une des sept sociétés qui occupent le bâtiment. Gérard ne sait pas de laquelle il s'agit. À vrai dire, il s'en moque. Il se glisse dans l'ouverture qui se referme déjà sur son collègue. Il le rejoint à l'entrée de l'immeuble, le suit dans l'ascenseur. Gérard camoufle mal sa claustrophobie dans l'espace exigu. Il se contente de sourire d'un air niais à l'autre homme jusqu'à l'ouverture de la porte. Là, il marque un arrêt sur le palier, le temps de retrouver son badge de sécurité. L'autre en a profité pour entrer. De nouveau sûr de lui, Gérard exhibe fièrement le rectangle de plastique devant le portier électronique. Une diode verte s'allume : il a dix secondes pour entrer à son tour.
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